Diogène XXI – soirée au Palace

Le Grand Chemin

En re­pre­nant le con­cept ou­li­pien de pla­giat par an­ti­ci­pa­tion, nous pou­vons af­fir­mer que ce beau po­ème est for­te­ment ins­piré du Dé­sert des Tar­ta­res de Dino Buz­zati.



1. Jean Lor­rain était ho­mo­sexuel.

Diogène XXI – je cherche un homme

Cette an­née, nous vous pro­po­sons un cy­cle sur Dio­gène de Si­nope. Le 15 de cha­que mois, nous pu­blie­rons un frag­ment d’un long po­ème sur le phi­lo­so­phe cy­ni­que au­quel tra­vaille Tris­tan Co­lo­vray.


Si vivre est un devoir

Et si la vé­ri­ta­ble ques­tion était de sa­voir com­ment bien mou­rir ?



1. Le po­ète Nicolas-Joseph-Laurent Gil­bert est né dans les Vos­ges en 1751 et mort à Pa­ris en 1780. La lé­gende veut qu’il mou­rût dans le dé­nue­ment, à l’Hôtel-Dieu, en ava­lant la clé de sa cas­sette au cours d’une crise de dé­lire.

Notre Dame des pleurs

Ne dites pas

Jean Mo­réas clôt no­tre cy­cle de po­è­mes sur la vie bonne.


Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

Riez comme au printemps s’agitent les rameaux,
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c’est beaucoup et c’est l’ombre d’un rêve.

Jean Moréas,
Stances, 1899-1901

Conte d’ici – la vie roule

Ode

Thé­o­phile de Viau se pro­met de vi­vre, en bon chré­tien, se­lon la sa­gesse an­ti­que…


Heureux, tandis qu’il est vivant,
Celui qui va toujours suivant
Le grand maître de la nature
Dont il se croit la créature !
Il n’envia jamais autrui,
Quand tous les plus heureux que lui
Se moqueraient de sa misère ;
Le rire est toute sa colère ;
Celui-là ne s’éveille point
Aussitôt que l’aurore point
Pour venir des soucis du monde
Importuner la terre et l’onde ;
Il est toujours plein de loisir ;
La justice est tout son plaisir,
Et, permettant en son envie1
Les douceurs d’une sainte vie,
Il borne son contentement
Par la raison tant seulement2 ;
L’espoir du gain ne l’importune,
En son esprit est sa fortune ;
L’éclat des cabinets dorés,
Où les princes sont adorés,
Lui plaît moins que la face nue
De la campagne ou de la nue3 ;
La sottise d’un courtisan,
La fatigue d’un artisan,
La peine qu’un amant soupire,
Lui donne également à rire ;
Il n’a jamais trop affecté4
Ni les biens ni la pauvreté ;
Il n’est ni serviteur ni maître ;
Il n’est rien que ce qu’il veut être ;
Jésus-Christ est sa seule foi :
Tels seront mes amis et moi.


Théophile de Viau,
Les Œuvres du sieur Théophile, 1621


1. À son en­vie.
2. Seu­le­ment par la rai­son.
3. Du ciel.
4. Dé­siré, re­cher­ché vi­ve­ment.