Dans l’autobus

Il a posé sa main
Sur la mienne sans vie
Il a posé sa main
Et je vis refleurir
La beauté du matin

Son écho sous le givre
Aux nuances carmin
Cet écho sous le givre
Qui frappait le destin
Du grand sceau de son rire

Détournant les pupilles
J’embrassais le chemin
Détournant les pupilles
Et son cœur de gredin
Il reprit son empire

Il a posé sa main
Sur la mienne sans vie
Il a posé sa main
Et retiré depuis
L’espoir aux lendemains

T. C.

Mon petit

Mon petit, mon enfant, né entre des murs blancs,
Foulant tes premiers pas sur le goudron gelé,
Sauras-tu discerner le bougainvillier blanc
De cette fleur orange, qu’on nomme « lis tigré » ?

Mon petit, mon enfant, né dans la ville grise,
Pédalant vaillamment dans un parc de béton,
Sauras-tu que le souffle, le blizzard et la bise
Sont bien plus vivifiants dans les vertes régions ?

Mon petit, mon enfant, né entouré d’autos,
Bolides vrombissants et crachant des fumées,
Pourras-tu observer les petits passereaux
Transporter le pollen dans toutes les contrées ?

Mon petit, mon enfant, né près des magasins
Qui distribuent des steaks, des cuisses sous blister,
Sauras-tu deviner qu’ils viennent des lapins,
Des bœufs et des poulets qu’élève la fermière ?

Mon petit, mon enfant, né au pied des vitrines
Où des néons fluos tricotent des slogans,
Verras-tu, un beau jour, de ta vue cristalline,
L’obscurité profonde, le noir resplendissant ?

C. D.