Notre homme passa pour fou quand il s’adressa, un jour, à une caméra de surveillance ; il tint ce discours à la machine :
Le bien est une bonne chose. Or, sans la vie en société le bien n’aurait pas cours, car l’État, parce qu’il pourchasse et punit le mal, reconnaît et défend le bien.
Et ce sans quoi le bien ne pourrait advenir est nécessairement bon. Donc l’État qui surveille est une bonne chose, et le bien appelle la société, voire la civilisation.
Or la loi est l’instrument privilégié de l’État libéral, car celui-ci ne peut rien sans elle ; et puisque la civilisation agit comme une loi supérieure dans l’Histoire des sociétés, le citoyen se montre attaché, en homme libre, à l’intérêt supérieur de l’État qui surveille de bon droit.
On peut néanmoins faire plus ou moins bonne société, une civilisation peut être plus ou moins grande, et un ensemble de loi, plus ou moins vaste. Il faut donc beaucoup de lois pour assurer le plus grand bien des hommes bons ; car ils sont bons, ceux qui aiment la loi, donc l’État qui surveille tout.
T. C.