Pour que lui et son fils Icare puissent s’évader du labyrinthe, Dédale façonne deux paires d’ailes avec des plumes et de la cire. Dans son vol, Icare s’approche trop du soleil et tombe dans la mer.
Icare est chu ici, le jeune audacieux
Qui pour voler au ciel eut assez de courage :
Ici tomba son corps dégarni de plumage,
Laissant tous braves cœurs de sa chute envieux.
Ô bienheureux travail d’un esprit glorieux
Qui tire un si grand gain d’un si petit dommage !
Ô bienheureux malheur, plein de tant d’avantage
Qu’il rende le vaincu des ans victorieux !
Un chemin si nouveau n’étonna sa jeunesse,
Le pouvoir lui faillit, mais non la hardiesse ;
Il eut, pour le brûler, des astres le plus beau.
Il mourut poursuivant une haute aventure,
Le ciel fut son désir, la mer sa sépulture :
Est-il plus beau dessein, ou plus riche tombeau ?
Philippe Desportes,
« Les Amours d’Hippolyte », Premières Œuvres, 1573