Ce poème est le septième et dernier d’une suite intitulée « Premier Amour ».
Sèche tes yeux, enfant chérie ;
Il faut nous consoler un peu.
Que ta bouche encor me sourie
Avant notre dernier adieu.
Je voudrais dire quelque chose
Pour que l’instant fût adouci ;
Mais j’aperçois ta bouche close
Et j’ai peur de pleurer aussi.
Laisse ton front, sur ma poitrine,
Peser du poids de tes cheveux.
Ne parle pas, car je devine
Ton désespoir silencieux…
Jean-Marc Bernard,
Sub tegmine fagi1, 1913
1. « À l’ombre du hêtre » ; ces mots se trouvent dans le premier vers des Bucoliques et dans le dernier des Géorgiques de Virgile.