Christophe Rafahel s’adresse ici aux dieux de toutes les religions.
Il fait si froid si seul en un cœur balayé
Du vent des vanités, si loin de son aurore,
L’en consoler, une parole suffirait.
Mais quelle compassion attendre du désert ?
Personne sinon soi : on dit vers l’horizon
À soi-même les mots qu’on espérait entendre.
On se leurre, on le sent, on meurt seul à jamais
Et pour s’en apaiser, Seigneurs, on vous invente.
Joindre les mains tendues en geste d’oraison !
Que serrons-nous ? Du vent entre deux paumes jointes.
Et l’écho des soupirs, qui l’écoute sinon
Seulement celui-là qui a poussé sa plainte ?
Christophe Rafahel,
« Prières », Poésies ?, 2011