Que de fois j’ai souri

Dans la pré­face de son ou­vrage, Tris­tan De­rème ex­pli­que qu’il veut don­ner « à sou­rire des sen­ti­ments gra­ves » sans ces­ser de les dire avec sin­cé­rité.


Que de fois j’ai souri pour te cacher mes larmes !
Que de fois j’ai noué des roses sur mes armes
Pour te dissimuler que j’allais au combat !
Fallait-il que mon fiacre à jamais s’embourbât
Et se perdît dans les ornières de la vie ?
Comment faut-il encor ce soir que je sourie
Lorsque j’entends crouler le monde autour de moi
Et quand l’espoir suprême où j’avais mis ma foi
Je le vois s’effeuiller comme une primevère ?
Garçon, apportez-moi du fiel dans un grand verre.

Tristan Derème,
La Verdure dorée, 1922

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